Camus n'est pas dans la norme de son époque. Il propose
un type de pensée modeste et inoffensive, différente
des intellectuels de la gauche de l'époque. Il gène.
On va tenter de l'éliminer.
(Sartre, Simone de Beauvoir)
Réagissant à une critique virulente parue dans Les Temps
modernes, Camus envoie une réponse à « Monsieur
le directeur » [=Jean Paul Sartre] de
la revue.
Elle en couvrira dix-sept pages. Sartre lui répond: une phrase
de ce dernier marque la rupture définitive de leur amitié:
« Notre amitié n'était pas facile,
mais je la regretterai. Si vous la rompez aujourd'hui, c'est sans
doute qu'elle devait se rompre. Beaucoup de choses nous rapprochaient,
peu nous séparaient. Mais ce peu était encore trop:
l'amitié, elle aussi, tend à devenir totalitaire (...)»
Camus se relèvera difficilement de cette polémique
qui s'amplifie et le poursuivra jusqu'à sa mort. Il vit une
période de fatigue et de doute face à sa créativité.
En 1952, il démissionne de l'Unesco (Organisation
des Nations unies pour enseignement et l'éducation)
pour protester contre l'entrée dans cette organisation de l'Espagne
franquiste (=de Franco).
II retourne en Algérie pour rendre visite à sa mère
; il en profite pour retourner aux endroits qui lui sont chers et
découvrir quelques oasis sahariennes. Il est entré dans
un nouvel exil, celui du monde de la littérature.
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