Le 17 octobre 1957, prix Nobel de littérature est décerné à Albert Camus qui n'a que 43 ans. Il a été choisi pour son «engagement moral authentique (=echt).»

Camus est surpris et il envisage même de le refuser. D'après lui, d'autres le méritent plus que lui. Voilà son commentaire dans une interview: « Je suis simplement reconnaissant au Comité Nobel d'avoir voulu distinguer un écrivain français d'Algérie. Je n'ai jamais rien écrit qui ne se rattache, de près ou de loin, à la terre où je suis né. C'est à elle, et à son malheur, que vont toutes mes pensées. »

Voilà un extrait de son Discours en Suède: « J'ai toujours condamné la terreur, je dois condamner aussi un terrorisme qui s'exerce aveuglément, dans les rues d'Alger par exemple, et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice (=Gerechtigkeit), mais je défendrai ma mère avant la justice. »

Cette dernière phrase, la consécration du Nobel et le discours de Stockholm condamnant les systèmes vont ranimer la polémique. La plupart des journaux sonnent l'hallali.

En 1958, avec l'argent que lui a rapporté le Nobel, Camus achète une maison à Lourmarin, dans la campagne du Luberon. Il souhaite pouvoir y faire venir sa mère ; mais, de même qu'elle avait refusé quelques années plus tôt de s'installer à Paris, elle préférera, une fois de plus, son appartement à Alger.

Après le prix Nobel, Camus confesse son incapacité d'écrire: il est comme bloqué par les faits qui se passent autour de personnalité. Il écrit pourtant de petits textes parce que... écrire... c'est une obsession pour Albert Camus, même s'il semble avoir perdu son équilibre.

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