De 1918 à 1923, A.C. fréquente l'école communale du quartier. C'est un bon élève, appliqué mais plutôt timide. Son instituteur suggère à Mme Camus de solliciter une bourse (=Stipendium) et de l'envoyer au lycée. La grand-mère veut qu'il entre en apprentissage. Mais pour une fois, la maman d'Albert tient tête à sa mère: Albert ira au «grand collège».

En fréquentant le lycée, Albert découvre le centre-ville d'Alger, et des quartiers bien différents de celui où il habite.

En plus, il a pas mal de problème de s'intégrer au lycée: dans son vêtement mal taillé, le boursier du «quartier pauvre» aura du mal à s'adapter. Il se sent comme étranger à ce monde. Mais il doit vaincre ces problèmes personnels s'il veut réussir ses études.

Plus tard, Camus confie combien cette 'confrontation' était douloureuse:

« J'avais honte de ma pauvreté et de ma famille. Et si je puis en parler aujourd'hui avec simplicité c'est que je n'ai plus honte de cette honte et que je ne me méprise plus de l'avoir ressentie. Je n'ai connu cette honte que lorsqu'on m'a mis au lycée. Auparavant, tout le monde était comme moi et la pauvreté me paraissait l'air même de ce monde. Au lycée, je connus la comparaison.» (Carnets)

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